L’application du Feng shui dans une maroquinerie
Pour mieux expliquer l’apport du Feng shui dans une boutique, nous avons pris l’exemple d’une maroquinerie située à Paris dans le 5e arrondissement. Détenue par Mme Françoise Ertel, la maroquinerie Valéry est une entreprise familiale qui existe depuis 45 ans. De fait, on y respire une bonne odeur de maison. Explication en images.
Orchestrée par Arnaud Bertrand-Deviller, l’intervention Feng shui s’est appuyée sur trois axes principaux : la vitrine, la gestion des flux et la caisse. Sur une surface de 100m², la boutique présente une offre de sacs, de lignes business pour hommes, des bagages, des parapluies, de collections pour le scolaire, de la petite maroquinerie ainsi qu’un corner Longchamp situé à l’entrée du magasin. « Depuis toujours, les clients viennent ici chercher l’accueil et le conseil. Lorsqu’ils achètent un sac Longchamp, ils ne veulent pas le paquet cadeau de la marque, mais bien celui de l’enseigne Valéry », souligne la maîtresse des lieux, Françoise Ertel. C’est dire l’attachement de la clientèle à cet esprit maison. « Effectivement, lorsque l’on entre, on se sent accueilli. Un détail : le porte-parapluies sur le parvis du magasin ajoute à ce sentiment d’être reçu, sans compter qu’il est aussi là pour dire : nous vendons des parapluies. De plus, le fait de tirer la porte vers soi signifie que la clientèle sait pourquoi elle vient » explique d’emblée Arnaud. « Une porte automatique n’aurait aucune légitimité ici. C’est bien pour l’alimentaire, ou pour des enseignes comme Sephora qui génèrent énormément de flux, mais pas pour ce type de boutique » poursuit-il.
Première observation : l’environnement extérieur. « Suis-je à l’heure de ma boutique avec ma clientèle ? » devra toujours s’interroger la gérante. Le bon fonctionnement d’une boutique dépend de l’urbanisme. Si j’ai un sens unique, cela ne sera pas forcément positif, de même si ma rue est jalonnée de restauration kebab ou d’enseignes liées au service, cela peut ne pas contribuer à dynamiser mon propre commerce. Sauf que dans ce cas de figure, la boutique est historique, donc de toute façon, le client y vient. Deuxième observation, l’arbre juste en face de l’entrée n’est pas bon en feng shui. Il peut générer 5 à 10% de perte de chiffres d’affaires. Heureusement, il est compensé par le décroché après l’arret de bus qui mène du parking, donc qui crée un flux vers l’entrée. L’arbre est également contrebalancé par le parvis-trottoir de la boutique qui ouvre un espace de respiration et se veut rassurant ».
Le code couleur
Il est important de donner à sa boutique un code couleur, lequel est à puiser dans une palette en fonction de sa dominante, qu’elle soit terre, feu, métal, eau ou bois. Mme Ertel étant à dominante terre et feu, elle devra puiser dans des coloris tels que le beige, le jaune, l’aubergine ou le violet. « Il serait bon de donner une couleur dès l’entrée sur tout l’encadrement de la boutique, à l’intérieur de rester sur des gammes terre et de changer la moquette pour un parquet » conseille Arnaud.
La vitrine
Parce qu’il est dans son prolongement immédiat, le corner Longchamp participe à la vitrine. « Pour l’optimiser, il faudrait retirer les PLV hautes qui font obstruction et peut-être repenser l’aménagement du corner », suggère Arnaud. Et pourquoi pas amener d’autres marques qui constituent à la fois l’identité du magasin et ses meilleurs ventes comme les lignes business pour hommes », principe auquel réfléchit déjà Mme Ertel.
La gestion des flux
A partir de la boussole appelé le luo pan, l’expert en feng shui calcule les orientations. Il en déduit que la boutique est placée sur un axe sud ouest. Elle est donc d’identité terre yang, soit l’idéal pour une boutique ayant pris cet esprit maison. « Le flux est identique à la circulation sanguine. Il implique un mouvement de dilatation et de contraction. Ici, on note un manque évident de dilatation à cause du volume considérable de marchandises qu’il faudrait élaguer d’au moins 30%. Par ailleurs, ce rétrécissement freine la circulation des flux, tout comme les étagères dont la largeur dépasse celle du mur. Les linéaires en revanche sont bien pensés, mais idéalement il faudrait les accompagner de rangements en bas pour éviter cette saturation visuelle. Le pôle caisse, quant à lui, est bien situé, parce que ni trop en avant pour ne pas agresser le client, ni trop loin de l’entrée de la boutique. Mais ce pôle doit absolument rester fluide, propre et dépouillé. Sont donc à bannir les désordres et les papiers. Dans ce cas précis, la propriétaire exprime qu’elle est bien chez elle, image qui peut déranger le client, puisque par définition, c’est à lui de se sentir comme chez lui. Enfin, je crois qu’il serait préférable de positionner la caisse dans un axe sud-ouest », détaille t-il.
En conclusion, l’expert en feng shui conseille de déterminer un code couleur (vitrine et colonnes intérieures), de créer une véritable et vaste vitrine à la droite de l’entrée, d’aménager des espaces de rangements, de libérer du flux en réduisant le volume des marchandises, de réaménager entièrement le pôle caisse, si possible de poser du parquet au lieu de la moquette et de mettre en avant le pôle parapluie et petite maroquinerie. « Même si ce n’est pas ce que l’on vend le plus, cela correspond à l’image que le client se fait d’une maroquinerie » soutient-il. Pas question d’engager de gros travaux, d’autant que Mme Ertel a déjà réalisé des changements d’importance en 2004 en s’attaquant à la structure même des murs de sa boutique. « Le Feng shui raisonne sur des cycles de 20 ans. Si durant cette période, aucuns travaux n’ont été effectués, cela signifie que le magasin dort et refuse de se remettre en question ».
Texte de Nathalie Raut
Publication : Sacastar.com: maroquinerie en ligne.






















